La guitare


Les micros



Micros magnétiques

    Mariage d'un simple fil de cuivre et d'un aimant, le micro magnétique transforme la vibration des cordes en un courant électrique. En effet, le déplacement de la corde (métallique) près de l'aimant fait varier le champ magnétique. Il se produit alors aux bornes de la bobine un courant électrique induit qui est fonction de la variation du champ, ayant la même fréquence que la corde en vibration qu'il suffit alors d'amplifier. C'est cette loi physique qui est l'instigatrice de toute la musique rock !

    Avec un ou plusieurs bobinages, actif ou passif, chaque type de micro, subtilement associé aux propriétés acoustiques de la lutherie, conditionne le son de votre guitare.

    Sur un micro de guitare simple-bobinage, le fil de cuivre émaillé est enroulé autour d'une carcasse, souvent en matière plastique, à travers laquelle passe le ou les pôles magnétiques. Ceux-ci peuvent être matérialisés soit par une barrette aimantée, soit par plusieurs aimants (un par corde) ou encore par un ou plusieurs plots métalliques (ou mieux, en permalloy) activés par un aimant placé sous le bobinage. Il ne reste plus qu'à la corde de vibrer près du micro...

    On utilise différents types d'aimant, mais principalement les aimants en alnico ou en céramique. Alnico signifie tout simplement aluminium, nickel, cobalt. Le grade qui le précise (II, V...) correspond à la répartition de chacun des éléments. Plus le grade est élevé, plus le taux de cobalt (qui est cher) est important, ce qui résulte une différence de puissance et une meilleure tenue de la rémanence dans le temps. Un micro avec aimant en alnico II aura un son plus doux qu'avec l'alnico V. Par rapport à un aimant en céramique, l'alnico, à cause de sa structure métallique donnera plus d'énergie dans les fréquences basses, ce qui se traduira par un son beaucoup plus chaud. Bien sûr, tout cela dépend également du bobinage (longueur et section des fils), puisque tous les éléments jouent un rôle important dans la sonorité obtenue.

    Depuis soixante ans, les fabricants améliorent la qualité des matériaux employés et la construction, mais la conception reste sensiblement la même.

    C'est à Lloyd que l'on doit la première utilisation connue d'un micro sur une guitare, au début des années 20, alors qu'il travaillait chez Gibson. Ces modèles ne furent cependant jamais commercialisés, car s'ils fonctionnaient correctement, ils étaient sensibles à la moisissure et leur impédance était telle que le câble de liaison avec l'ampli devait être de faible longueur (sans doute un micro électrostatique). Mais la vraie révolution apparue en 1931, avec la "fryin' pan" (la poêle à frire), de Rickenbacker. Depuis, le principe de fonctionnement du micro électromagnétique n'a absolument pas changé. Les solid bodies n'apparaîtront toutefois qu'à la fin des années 40 grâce à Paul Gigsby, Leo Fender et Gibson. Bien entendu, tous les micros de l'époque étaient du type à simple-bobinage. Tout cela fonctionnait très bien, mais si les cordes de l'instrument étaient amplifiées, les ronflements et les grésillements dus à l'environnement électrique et magnétique l'étaient aussi (secteur, lumière, radio...). Seth Lover, qui travaillait chez Gibson, eut alors l'idée de brancher ensemble, en série et tête-bêche, deux micros aux polarités magnétiques opposées, s'inspirant des transformateurs "anti-ronflements" fabriqués à l'époque. En 1954, le premier micro humbucking était né : enfin, la guitare électrique ne bourdonnait plus ! Gibson fut seul à utiliser les humbuckers jusqu'à l'expiration du brevet ; depuis l'idée a été largement reprise.

    Les micros basse impédance apparurent en 1958 et la première fabrication en série qui en était équipée (la "Les Paul Recording") date de 1971. L'emploi d'impédances faibles permettait d'attaquer directement l'entrée d'une console de mixage ou d'utiliser des câbles longs sans rencontrer les problèmes habituels dus à la haute impédance (perte d'aigus et de puissance). C'est à cette même époque qu'apparut le "Super-humbucking", micro muni de deux bobinages et de trois aimants, délivrant une puissance accrue ou une impédance moindre selon le nombre de tours de fil bobinés.

    Les guitares actives, c'est-à-dire contenant un préampli, donc une pile, furent introduites par la firme Alembic. Tous les problèmes liés à l'impédance et à la longueur des câbles étaient alors résolus. On peut d'ailleurs trouver sur certains préamplis des égaliseurs ou des effets incorporés, mais tout changement, quel qu'il soit, modifie plus ou moins la sonorité, et si de nouveaux horizons sont ouverts grâce aux systèmes actifs, il s'est avéré presque impossible d'obtenir avec eux les sonorités vintage.

    Le micro le plus connu et qui suscite le plus de convoitise, c'est sans doute le P.A.F., introduit en 1957 chez Gibson. Il se composait de deux bobines en plastique noir et d'un aimant de faible puissance du type Alnico II ou IV. Les pôles étaient vissés sur une plaque en métal en contact avec l'aimant et le tout était enveloppé d'un capot métallique relié à la masse qui reliait l'ensemble. Puis vint ensuite le P90 (appelé également Soapbar) dont était équipée l'Epiphone par exemple. L'utilisation des P90 d'origine devient rare car le plastique employé à l'époque pour la fabrication des bobines a tendance à se cristalliser et à casser avec l'âge. Il existe cependant de bonnes répliques dénuées de ce problème pour ceux qui sont à la recherche de ce son.

    Avant de s'appeler Telecaster, elle avait reçu le nom de Broadcaster ; sa petite sœur, l'Esquire. Si le micro grave des deux (qui n'en font qu'une) premières n'a jamais eu une grande renommée, le micro lead jouit en revanche d'une grande réputation bien méritée. Il était monté sur une plaque de métal destinée à réfléchir le champ magnétique de l'aimant vers les cordes. Sa sonorité n'a jamais été rapprochée ! Le son est plein et brillant, assez mat et incisif à souhait. Son tour de force : pouvoir être très clair, soit à la limite de la saturation selon l'attaque de la note.

    Aujourd'hui, tous ces micros, ainsi que les simples bobinages de Stratocaster sont très recherchés, mais il faut savoir qu'avec le temps, l'aimant perd de sa puissance pour se stabiliser à peu près, ce qui engendre un niveau de sortie moindre qu'à la date de la mise en service, d'où une légère modification du son. Sachant qu'on a l'habitude de jouer dans des atmosphères humides et surchauffées lors de concerts... le fil de laiton et la bobine ont tendance à s'oxyder. C'est pourquoi un vieux micro qui sera resté dans son étui n'aura pas le même son qu'un micro qui a beaucoup travaillé. Certains fabricants tentent de reproduire artificiellement le vieillissement des micros, la sonorité est assez proche... on ne sait pas encore comment ils vieilliront.

    Le micro humbucking (ou double-bobinage) est simplement la réunion de deux micros simple-bobinage, avec néanmoins un détail important : les sens de bobinages et les polarités sont inversés. Sur un micro classique, le nombre de tours de fil est généralement de l'ordre de 4000 à 25000 tours sur le micro. Comme la résistivité du fil de cuivre n'est pas négligeable, l'impédance du micro s'avère assez élevée. Cette valeur importante est également due au fait que les spires étant jointives, il se produit un effet capacitif, en plus de l'effet selfique. Le fait d'avoir une impédance haute occasionne de nombreux problèmes (longueurs des câbles...). On s'est alors tourné vers les basses impédances en réduisant tout simplement le nombre de tours de bobinage. Comme on obtient alors une courbe de réponse beaucoup plus plate, ça laisse plus de possibilités pour "fabriquer" le son en l'égalisant, mais le micro fait preuve de moins de personnalité qu'un micro haute impédance, puisque très souvent, il n'a pas de résonance très marquée.

    On a vu aussi apparaître sur le marché les micros humbucking qui ont la taille d'un simple-bobinage et une seule rangée de plots (le stack par exemple). Dans ce cas, l'aimant se trouve au centre du micro, entre les deux bobinages, et en choisissant bien le nombre de tours de fil, on peut avoir un son très proche de celui des single-coil, mais sans les problèmes de ronflette inhérents, ou bien avoir le son d'un humbucker classique.

    Afin d'accroître le nombre de possibilités sonores à partir d'une seule bobine, certains fabricants proposent les micros "tapped". Ce sont de simples-bobinages normaux, mais une connexion est réalisée environ aux deux-tiers du bobinage. On peut donc utiliser soit la totalité du fil, soit une partie, et avoir respectivement un son chaud ou normal. Cependant, mieux vaut ne pas utiliser le dernier tiers car le niveau de sortie serait trop faible.

    Si vous désirez un jour changer, pour une raison ou une autre, les micros de votre guitare, vérifiez d'abord votre lutherie (écoute sans branchement) pour vérifier que le son vous plaît déjà. Sinon, sachez aussi que l'union actif / passif est souvent orageuse. Sachez aussi qu'un instrument "vintage" perdra beaucoup de sa valeur si en plus vous devez creuser une défonce (opération délicate) dans la guitare pour y loger votre micro ou l'égalisation !

    Enfin, sur une guitare acoustique, ce type de micro se placera sur la rosace...


Branchements :

    Chaque bobinage de micro possède deux fils de sortie. Le humbucker en toute logique devrait en avoir quatre... Vous en trouverez avec cinq ! Dans ce cas, le fil supplémentaire est connecté à la masse physique du micro (l'entourage et le capot) et doit être relié obligatoirement à la masse de l'instrument.

    Il existe en tout et pour tout cinq possibilités de connecter l'ensemble de deux bobinages, d'un seul micro humbucking ou de deux single-coils :

1 - chaque bobine seule.
2 - les deux bobines en parallèle en phase.
3 - les deux bobines en parallèle hors phase.
4 - les deux bobines en série en phase.
5 - les deux bobines en série hors phase.

    La phase, c'est lorsque les deux courants issus des bobines sont dans le même sens, et inversement pour hors phase. En fait, si les deux bobines étaient rigoureusement identiques et surtout, exactement au même endroit, le signal serait double quand elles sont en phase et nul quand elles sont hors phase. Comme c'est physiquement impossible, les bobines sont plus ou moins en phase ou hors phase.

    Pour le branchement, rien n'est interdit. Il faut néanmoins savoir que la mise en parallèle divise les impédances et la mise en série les additionne. En parallèle, c'est ce que l'on trouve généralement lorsque l'on branche les deux micros d'une guitare. En série, c'est le principe du humbucking. La seule chose que vous risquez en mettant deux bobinages en série, c'est que le son ne vous convienne pas, alors pourquoi ne pas essayer ! Jimmy Hendrix s'en servait déjà. La sonorité peut être étonnante sur une Stratocaster : pas aussi grosse qu'un humbucking, elle laisse une très grande part à la façon d'attaquer la corde, ce qui fait varier le son dans de grandes proportions, du plus doux au plus "funky". Sur une Les Paul : génial ! Avec un tel montage, le son est bien sûr très gras, avec très peu d'aigus et un temps de montée un peu plus long, ce qui gomme légèrement l'attaque.



Micros acoustiques

    Hormis les micros dynamiques ou statiques placés sur pied, il existe différents systèmes de micros "aériens" qui seront placés sur la table d'harmonie de la guitare acoustique, soit par une pince avec embouts en caoutchouc (pour ne pas altérerer le vernis), soit par une pâte de fixation. Ces micros pouvant être omnidirectionnels, cardioïdes ou supercardioïdes (cf. lexique). Différents modèles sont proposés pour d'autres types d'intruments...

    L'avantage de ces systèmes sera de restituer la sonorité "aérienne" de votre guitare acoustique, avec cependant l'inconénient de vous gêner si vous bougez beaucoup avec votre instrument. Ces micros peuvent également générer un effet de larsen dû à l'effet de feedback.



Les capteurs :

Capteurs piezo

    Un capteur piezo (ce n'est pas un micro !) est constitué de cristaux qui fournissent un courant électrique lorsqu'ils subissent des contraintes mécaniques. Le courant dérivé étant très faible et d'une impédance extrêmement élevée, on lui adjoint généralement un préampli le plus proche possible de la source. Ces capteurs peuvent être soit collés à la table d'harmonie (intérieur ou extérieur), soit situés sous le sillet de chevalet. Dans ce cas, leur position leur permet de capter à la fois les vibrations des cordes et celles de la table d'harmonie. Couplé avec un micro aérien, ce système de reproduction donne des résultats proches de la réalité, hormis bien entendu le micro "acoustique" traditionnel, encore faut-il que l'amplification soit adaptée. Six capteurs valent souvent mieux qu'un seul sur une guitare, mais un "micro-barrette" judicieusement placé peut très bien convenir pour la majorité des utilisations, surtout si l'égalisation est performante. Car aujourd'hui, les préamplis sont de plus en plus complexes, offrant des possibilités qui n'étaient jusqu'alors réservées aux amplis et aux consoles de mixage.



Capteurs optiques

    Équipés d'une cellule de lecture optique pour chaque corde instrumentale, la capture du son se fait d'une manière totalement indépendante. Cette propriété de polyphonie permet le réglage indépendant de chaque corde (volume et tonalité), l'accès au format midi, l'enregistrement multipiste, l'insertion d'effets sonores différenciés... permettant d'accéder directement à la M.A.O. (cf. lexique musical) sans ajout d'un capteur supplémentaire sur l'instrument.

    Ces "micros" se présentent sous forme de chevalet intégrant les capteurs optiques de prise de son. Ils sont également insensibles aux interférences dues à l'environnement électromagnétique et acoustique.



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Quelques types de micros :


Micro simple bobinage

Micro simple bobinage


Micro humbucker

Micro humbucker


Micro rosace guitare

Micro rosace


Micro aérien guitare supercardioïde

Micro aérien supercardioïde


Micro aérien guitare omnidirectionnel

Micro aérien omnidirectionnel


Capteur piezo contact

Capteur piezo (micro contact)


Capteur piezo sillet

Capteur piezo (sous le sillet)


Micro optique guitare

Micro optique

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